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Publicité Facebook et TikTok au Québec : langue, Loi 25, emploi et promesses

L'aide-mémoire des règles qui touchent vos publicités sociales au Québec, à jour au 26 octobre 2026. Ce guide ne constitue pas un avis juridique.

Par Evan Arcand, fondateur d'Axio Média. Publié le .

Faire vérifier ma campagne

Quelles règles encadrent la publicité sur les réseaux sociaux au Québec?

Quatre ensembles de règles encadrent une publicité sociale au Québec : la Charte de la langue française, la Loi 25 sur les renseignements personnels, la Loi sur la protection du consommateur et les politiques publicitaires des plateformes, auxquelles s’ajoutent des règles propres à certains métiers. Les sanctions sont réelles : une entreprise qui enfreint la Loi 25 s’expose à une sanction administrative pouvant atteindre 10 000 000 $ ou 2 % de son chiffre d’affaires mondial, selon le plus élevé des deux (article 90.12).

Un exemple tiré de nos campagnes chez Axio Média : Isolation Protech, à Saint-Nicolas, est titulaire d’une licence RBQ. Son numéro doit donc apparaître dans chacune de ses publicités, y compris sur Facebook. Ce guide est un aide-mémoire à jour au 26 octobre 2026 et ne constitue pas un avis juridique. Les règles évoluent : pour une situation précise, consultez un avocat ou l’organisme concerné.

La langue : le français d’abord

La Charte de la langue française s’applique aux réseaux sociaux comme à une affiche en vitrine. Le guide de l’Office québécois de la langue française (OQLF) sur les médias sociaux, publié en 2025, précise ce que cela veut dire en pratique :

  • Toutes vos publications commerciales doivent être en français : vidéos, sous-titres, textes intégrés aux images, contenus permanents ou éphémères comme les stories.
  • L’ajout d’une autre langue reste possible si la version française occupe au moins autant de place et s’obtient aussi facilement.
  • Les contenus de tiers que vous partagez, comme la vidéo d’un créateur, engagent aussi votre responsabilité.
  • Les commentaires peuvent être écrits dans n’importe quelle langue, mais si un client vous écrit en français, vous lui répondez en français.
  • Une marque de commerce reconnue dans une autre langue peut rester telle quelle, sauf si une version française de cette marque existe.

Quelques exceptions existent, par exemple pour un message destiné à un seul groupe ethnique ou pour un produit culturel. Elles sont étroites : en cas de doute, publiez en français.

Le non-respect n’est pas théorique. La Charte prévoit des amendes de 3 000 $ à 30 000 $ par infraction pour une entreprise, et de 700 $ à 7 000 $ pour une personne physique (article 205). À la fin de septembre 2026, l’OQLF avait déjà publié 16 condamnations en vertu de cet article pour l’année en cours.

Loi 25 : vos formulaires de leads et le suivi publicitaire

Dès qu’une publicité recueille un nom, un numéro ou un courriel, la Loi 25 entre en jeu. Voici les points qui touchent directement vos campagnes.

Obligation Ce que ça veut dire pour votre publicité Article
Responsable de la protection Par défaut, la personne la plus haut placée de l’entreprise; son titre et ses coordonnées sont publiés sur votre site 3.1
Information à la collecte Dire à quoi serviront les renseignements, qui y aura accès et quels sont les droits d’accès, de rectification et de retrait du consentement 8
Technologies de profilage Informer d’avance la personne de l’outil et des moyens d’activer ses fonctions d’identification, de localisation ou de profilage (fonctions lues comme désactivées par défaut) 8.1
Politique de confidentialité Publiée sur votre site, en termes simples; Meta exige aussi son lien dans le formulaire instantané 8.2
Communication hors Québec Évaluer les facteurs relatifs à la vie privée et conclure une entente écrite avant d’envoyer des renseignements à l’extérieur du Québec 17
Mandat à un fournisseur Un contrat écrit, avec des mesures de protection, avec l’agence ou le logiciel qui traite vos leads 18.3
Prospection commerciale Vous identifier et informer la personne de son droit d’être retirée de votre liste 22

Le dernier point de vigilance concerne les relances. Un courriel ou un texto commercial envoyé à un lead relève aussi de la Loi canadienne anti-pourriel. Une demande de renseignements vous donne un consentement tacite de six mois; un achat ou un contrat, de deux ans (CRTC). Chaque message doit identifier votre entreprise et offrir un moyen simple de se désabonner, même celui qui transmet seulement la soumission demandée.

Côté sanctions, la Commission d’accès à l’information peut imposer une sanction administrative pécuniaire, et les amendes pénales vont de 15 000 $ à 25 000 000 $ ou 4 % du chiffre d’affaires mondial pour une entreprise (article 91). Elles doublent en cas de récidive.

Les offres d’emploi : trois règles qui se superposent

Une publicité d’emploi cumule les obligations.

  1. Meta. Toute offre d’emploi doit être classée dans la catégorie spéciale Emploi. Au Canada, l’audience inclut alors d’office tous les adultes, sans choix d’âge ni de genre, dans un rayon d’au moins 25 km, sans ciblage par code postal ni audience similaire.
  2. La Charte québécoise des droits et libertés de la personne. Son article 18.1 proscrit, lors d’une entrevue d’embauche ou dans le formulaire servant à postuler, toute question sur les motifs de l’article 10 : âge, sexe, grossesse, état civil, origine ethnique ou nationale, religion, handicap, entre autres. Votre questionnaire de présélection doit s’en tenir aux exigences du poste.
  3. La Charte de la langue française. L’offre paraît d’abord en français; toute traduction doit être diffusée au même moment, par des moyens comparables. Exiger l’anglais n’est permis que si les tâches le nécessitent vraiment, après avoir pris tous les moyens raisonnables pour l’éviter, et l’offre doit alors en indiquer les motifs (art. 46 et 46.1).

Promesses, prix et influence : la Loi sur la protection du consommateur

Quand vous annoncez à des consommateurs, la Loi sur la protection du consommateur encadre chaque mot. Elle ne s’applique pas aux échanges entre entreprises, mais la plupart des publicités de PME québécoises visent des particuliers.

  • L’impression générale compte (article 218). Une publicité peut être trompeuse sans contenir de fausseté, par ce qu’elle laisse croire.
  • Aucune représentation fausse ou trompeuse (article 219), par quelque moyen que ce soit, vidéo comprise.
  • Pas de faux avantage financier (article 220) : prétendre à tort qu’un produit fera économiser ou gagner de l’argent est interdit.
  • Le prix annoncé inclut tous les frais, sauf la TPS et la TVQ (article 224). Des frais de livraison ou d’installation obligatoires ajoutés au paiement posent problème.
  • Pas de silence sur un fait important (article 228). Une condition qui change tout ne se cache pas en petits caractères.
  • Pas de publicité commerciale destinée aux moins de 13 ans (article 248).

Pour l’influence, l’Office de la protection du consommateur considère qu’un influenceur payé par un commerçant fait de la publicité et doit le divulguer clairement.

Pour les résultats, notre règle est simple : on ne garantit aucun résultat. Les chiffres de nos clients sont présentés comme déclarés par eux, avec leur contexte, et on rappelle qu’ils varient d’une entreprise à l’autre. C’est aussi ce qu’on recommande à nos clients qui publient des témoignages.

Bonne nouvelle pour les concours : depuis le 27 octobre 2023, la Régie des alcools, des courses et des jeux ne les encadre plus. Plus de déclaration ni de droits à payer, mais un règlement clair reste indispensable.

Les règles propres à certains secteurs

Construction et rénovation : la licence RBQ

Tout titulaire d’une licence de la Régie du bâtiment doit faire paraître son numéro dans ses publicités, quel qu’en soit le support, précédé de « Licence RBQ : ». L’obligation vise aussi le site web et les réseaux sociaux de l’entreprise lorsqu’ils présentent ses services. Les membres de la CMEQ et de la CMMTQ suivent une règle propre à leur corporation. Pour nos clients en isolation, comme en toiture, le numéro s’ajoute au texte de chaque publicité.

Courtage immobilier : les règles de l’OACIQ

Un courtier doit faire paraître son nom tel qu’il figure sur son permis, le type de permis et le nom de son agence, et ce, sur les réseaux sociaux comme ailleurs. Le nom d’une équipe doit être moins visible que celui de l’agence. Et une publication « À venir sur Centris » n’est pas permise tant que le contrat de courtage n’est pas signé. Notre page sur l’immobilier traite de ces campagnes.

Logement, crédit et politique : les autres catégories spéciales de Meta

Au Canada, les publicités de logement et de produits et services financiers sont soumises à des restrictions de ciblage semblables à celles de l’emploi. Les publicités sur les enjeux sociaux, les élections ou la politique exigent une autorisation, une mention « Payé par » et restent dans la bibliothèque publicitaire de Meta pendant sept ans.

L’aide-mémoire avant de lancer une campagne

À vérifier Règle d’où vient l’obligation
Texte, sous-titres et texte à l’écran en français Charte de la langue française
Version anglaise, s’il y en a une, jamais plus avantageuse que la française Charte de la langue française
Lien vers une politique de confidentialité dans le formulaire Loi 25 et Meta
Aucune question interdite dans le formulaire Meta; Charte des droits pour l’emploi
Catégorie spéciale choisie pour l’emploi, le logement, le crédit ou la politique Meta
Prix annoncé qui inclut tous les frais, sauf les taxes Loi sur la protection du consommateur
Résultats de clients présentés comme déclarés, sans promesse Loi sur la protection du consommateur
Numéro de licence RBQ ou mentions de l’OACIQ RBQ, OACIQ
Partenariat avec un influenceur clairement divulgué Office de la protection du consommateur
Consentement et lien de désabonnement pour les relances Loi canadienne anti-pourriel

Avant de lancer une campagne de publicité Facebook et Instagram, on passe cette liste en revue, point par point. Les termes techniques employés ici, comme pixel, catégorie spéciale ou formulaire instantané, sont expliqués dans notre glossaire. Ce guide est daté du 26 octobre 2026 : vérifiez toujours la version en vigueur des lois citées.

Sources

  1. OQLF, Guide sur les médias sociaux pour les entreprises (2025)
  2. OQLF, La langue du commerce et des affaires
  3. OQLF, Condamnations 2026 (mise à jour du 25 septembre 2026)
  4. OQLF, Aide-mémoire pour les employeurs
  5. Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (Loi 25), LégisQuébec, à jour au 15 octobre 2026
  6. Commission d'accès à l'information, Sanctions et poursuites pour les entreprises
  7. Loi sur la protection du consommateur, LégisQuébec
  8. Office de la protection du consommateur, mémoire à la Commission spéciale sur les impacts des écrans
  9. Charte des droits et libertés de la personne, articles 10 et 18.1 (LégisQuébec)
  10. Régie des alcools, des courses et des jeux, fin de l'encadrement des concours publicitaires
  11. Régie du bâtiment du Québec, Afficher votre licence
  12. OACIQ, Ligne directrice sur la représentation, la sollicitation, la promotion et la publicité
  13. OACIQ, Mise en marché et réseaux sociaux
  14. Meta, Choisir une catégorie de publicité spéciale
  15. Meta, Options d'audience pour les catégories de publicité spéciales
  16. Meta, Politique de confidentialité dans les publicités à formulaire
  17. Meta, Questions interdites dans les publicités à formulaire
  18. CRTC, Foire aux questions sur la Loi canadienne anti-pourriel
  19. Loi canadienne anti-pourriel, article 6 (Justice Canada)

La preuve, chez des entreprises d'ici

Questions fréquentes

Est-ce obligatoire de faire ses publicités Facebook en français au Québec?

Oui. Pour l'OQLF, une publicité sur Facebook est une publication commerciale comme une autre : texte, sous-titres, visuels et stories passent par le français. Une traduction est acceptée si le texte français y tient au moins autant de place et s'obtient aussi facilement que l'autre version.

Faut-il une politique de confidentialité pour un formulaire Facebook?

Oui, pour deux raisons. Meta exige un lien vers une politique de confidentialité, sous forme de page web et non de PDF, dans tout formulaire instantané. La Loi 25 oblige en plus l'entreprise à publier sur son site une politique rédigée en termes simples et à informer la personne, au moment de la collecte, des fins et de ses droits.

Peut-on promettre des « résultats garantis » dans une publicité?

Pas si la promesse est fausse ou impossible à tenir. La Loi sur la protection du consommateur interdit toute représentation fausse ou trompeuse, et un tribunal juge l'impression générale que laisse la publicité. Présentez plutôt des résultats réels, datés et attribués, en précisant qu'ils varient d'un client à l'autre. Axio Média ne promet aucun résultat.

Faut-il déclarer un concours publicitaire sur Facebook?

Plus au Québec. Depuis le 27 octobre 2023, la Régie des alcools, des courses et des jeux n'encadre plus les concours publicitaires : il n'y a ni déclaration ni droits à payer. Le règlement du concours doit toutefois rester clair et honnête, la Loi sur la protection du consommateur s'applique toujours et les règles de la plateforme aussi.

Un entrepreneur doit-il afficher sa licence RBQ sur Facebook?

Oui. Pour la RBQ, une publication Facebook qui présente vos services est une publicité comme une autre : elle doit montrer votre numéro, précédé de la mention « Licence RBQ : ». La règle couvre aussi votre site web et vos autres réseaux. Les membres de la CMEQ et de la CMMTQ suivent une règle différente.

325 000 $ de ventes déclarées pour Toiture Nano Québec, avec 15 000 $ de publicité.

Résultat déclaré par le client. Les résultats varient d'une entreprise à l'autre.

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